06 janvier 2012
Gaston...
Cette porte a au moins cinquante ans ! Fichue clé, veux-tu bien tourner ! Aïe idiote mon doigt ! J'aurais dû apporter ma burette.
Tu ne vas pas me résister longtemps ma belle... Ah voilà, j'y suis.
Oh il fait noir là-dedans mais pourquoi avoir tout fermé ? Un peu de lumière ne lui ferait pas de mal ? Je ne savait pas qu'on pouvait vivre dans le noir 24h sur 24. Quelle drôle d'idée !
Où est l'interrupteur ?
Hou hou, Gaston c'est moi. je t'ai apporté ton repas. Tu vas te régaler mon vieux.
Ah coquin, je te vois. Tu dormais ? Viens ici, gros matou. Tu ronronnes maintenant, tu me reconnais ? T'es content que la voisine s'occupe de toi pendant que ta famille voyage, hein ? Veux-tu que j'ouvre la porte ? Un petit tour dans le jardin te ferait plaisir ?
Gaston ? Mais que fais-tu ? Tu retournes t'allonger ? Ben mince alors ! On ne m'avait pas expliqué que je devrais prendre soin d'un chat fainéant ! Ok, comme tu veux, ta gamelle est là. Dors bien, fais de beaux rêves.
A ce soir, salut.
12:00 Publié dans Entrez donc... | Commentaires (1) | LUNE | Lien permanent | Envoyer cette note
Entrez donc... La porte verte
Etes-vous prêts à jouer le jeu avec moi ? Mais quelle est donc cette porte ? Qui se cache derrière celle-ci ?
Allez hop... faisons galoper notre imagination et racontons-nous plein d'histoires parce que moi derrière cette porte j'ai rencontré Gaston ! Je vous dirai tout c'est promis mais à une condition : ouvrez cette porte verte, entrez donc...
Qui vous servi une tasse de café, chassé à grands coups de torchon, embrassé sur le bout du nez ? Qui ou quoi ?
Gaston s'impatiente.
09:13 Publié dans Entrez donc... | Commentaires (0) | LUNE | Lien permanent | Envoyer cette note
04 janvier 2012
Bonjour Barcelone 4
Assise à califourchon sur un banc du parc de la Ciutadella, Violaine contemple une troupe de jongleurs perchée sur un platane. Tom l'observe.
- Si je te prenais la main p'tit bout d'amour, serais-tu fâchée ?
- Vous êtes déroutant Tom, vous refusez brutalement mon aide alors que vous peinez sur les trottoirs escarpés. Dans la patesseria, vous agressez cette étudiante innocente, le sorbet n'étant pas à votre goût. Vous hurlez sur la rambla lorsque ce touriste allemand vous houspille parce Shirza urine sur la roue de son vélo et d'une minute à l'autre vous êtes doux comme un agneau. Que dois-je penser de vous ?
- A t'écouter je suis la copie conforme d'un monstre ! Puis-je te confier un secret ? Mes attitudes sont des remèdes pour vaincre l' étrange émoi que tu m'inspires. Me pardonnes-tu ? Acceptes-tu que ma main se mêle à la tienne
- Me rendez-vous coupable de vos actes ? Agissez-vous ainsi uniquement à cause de moi ? Je ne vous crois pas ! Vous êtes indomptable, arrogant et sans-gêne, c'est surprenant !
- Je ne suis pas un ogre ni un comédien, je dis ce que je fais et je fais ce que je dis. C'est ma politique Violaine chérie.
- Vous me mettez mal à l'aise mais bizarrement je ne regrette pas ce parcours catalan à vos côtés et je ne vous giflerai pas si vous me preniez la main à condition de ne pas en profiter...
- Ah tu vois princesse, nous sommes destinés l'un à l'autre. Ces minuscules bémols ne sont que des prétextes pour ne pas te dévoiler. Il te suffirait simplement de descendre de ton piedestal. Et oublie les vous, vous, vous, tu me casses les oreilles !
- N'exagérez pas Tom, rien ne sert de vous mettre en colère. Mon éducation est différente de la vôtre mais je ne vous permets pas de...
-Bla bla bla princesse... murmure Tom tout en se dirigeant vers l'entrée du zoo.
Tom a-t-il raison ?
20:00 Publié dans Bonjour Barcelone | Commentaires (0) | LUNE | Lien permanent | Envoyer cette note
Bonjour Barcelone 3
Dans la chambre d'hôtel de Violaine après une nuit agitée.
- Voilà je suis prête, une petite touche de rouge à lèvres... Zut ! Pourquoi ai-je accepté de partager cette journée en compagnie de Tom, c'est de la folie ! ... Où ai-je rangé mon chapeau ?
J'espère que son impertinence n'est qu'une manière de dissimuler sa paraplégie ou si réellement cela l'amuse ? Il faut qu'il sache que sa chaise roulante ne m'effraie pas le moins du monde. Je dois absolument le lui dire avant d'entamer notre escapade...
Au même moment dans la chambre de Tom.
- Cette louloute m'a envoûté, elle fera de moi ce qu'elle veut ! Au diable ma chaise, je fonce peut-être qu'une belle histoire nous attend ! Neuf heures quarante, merde où sont mes clés ?
Fagoté d'un polo chiffonné et d'un jeans rapiécé, Tom quitte son antre, cheveux et barbe en bataille. Violaine s'impatiente.
- Vous êtes en retard monsieur !
- Quelques minutes à peine, je ...
- Avez-vous dormi à Alcatraz ?
- Euh... non ?
- Vous êtes attifé comme un prisonnier sorti du cachot. Je suis certaine que la femme de chambre ne se plaindra pas de votre passage dans la salle de bain, il ne doit pas y avoir grand chose à nettoyer !
- Hé bien, tu n'as pas la langue dans la poche princesse ! Grimpe dans mon carosse et cesse de me vouvoyer, c'est pompeux. Ouste !
Une jeep noire est garée sur le trottoir. Contrariée, Violaine se hisse sur le siège se retrouvant coincée entre un pêle-mêle incroyable de détritus, de paperasses et une chienne haletante. Tom agile comme un ouistiti est déjà installé. Ses yeux lavande pétillent...
- Oublie donc ton air bouguon ! Je te présente Shirza. Frotte sa truffe, elle t'expliquera que je me rase uniquement lorsque ma barbe pique sur l'oreiller et que le repassage est mon ennemi numéro 1 même loin d'Alcatraz, je ne suis pas le pote d'Al Capone... Hein ma belle, rhoo oui c'est une bonne fifille ça ! dit Tom en caressant affectueusement la chienne ravie.
- Je vous l'accorde vos poils au menton vous vont bien et Shirza est sympathique mais ne m'aviez-vous pas promis une balade renversante ? Mettons-nous en route Tom, Barcelone est à nos pieds enfin je veux dire Barcelone nous sourit...
Embarrassée Violaine a prononcé ces paroles sèchement, elle a du mal à cacher son émotion, son coeur bat la chamade.
-Tu craques, ma pauvre fille ! Il suffit qu'il ouvre la bouche et tu ne contrôles plus rien ! Ouvre les yeux ! Son insolence est sans bornes, il est désinvolte, provocant... Pourvu qu'il n'ait pas remarqué ton trouble, il va te sauter dessus ! pense Violaine.
- Ok c'est parti. Dis princesse, je sens l'ambre et la bergamote, c'est pour toi ! Tu aimes ? répond Tom joyeusement.
...
12:45 Publié dans Bonjour Barcelone | Commentaires (0) | LUNE | Lien permanent | Envoyer cette note
Bonjour Barcelone 2
- Trente-six, trente-sept... ouf, plus que trois ! compte tout bas Violaine.
Des gamins chahutent autour de la piscine, un couple flirte sous le plongeoir mais rien ne déconcentre la jeune femme convaincue qu'un exercice aquatique quotidien entretient sa forme et évite les kilos superflus.
- Soudain entre deux brasses Violaine hoquète.
Evidemment la nageuse ne peut échapper aux railleries des autres baigneurs.
- Regardez notre Laure Manaudou a bu la tasse, un petit bouche à bouche mademoiselle ?
- Non je vous remercie tout va bien, parvient à articuler Violaine haletante.
- Quelle idiote ! Cela m'apprendra à pavaner dans ce fichu bassin... Pourvu qu'il n'ait pas assisté à ce spectacle...
L'esprit de Violaine repasse en boucle l'image de l'homme chocolat-caramel qui l'observait depuis le bar de la piscine.
- Ton bikini turquoise m'a mis la tête à l'envers, mademoiselle !
Ebahie, Violaine ne trouve pas de mots pour remettre cet effronté à sa place. Conscient de son désarroi, Chocolat-caramel commande deux horchatas glacées. Un premier tête à tête inattendu !
09:00 Publié dans Bonjour Barcelone | Commentaires (0) | LUNE | Lien permanent | Envoyer cette note
03 janvier 2012
Bonjour Barcelone 1
Tom enfouit le téléphone dans la poche de son jeans...
- Allez, ouste !
Violaine souriait lorsqu'il utilisait cette expression enfantine. Un sourire saupoudré d'étoiles de cacao auquel il ne pouvait résister.
Tom soupire, le cliquetis de sa chaise roulante ne résonne pas de la même manière ce soir. Désemparé, l'homme lève les yeux, cherche un réconfort.
- Sapristi, le ciel est gris !
Tom secoue la tête, il sait que cela ne présage rien de bon. Ses doigts s'égarent, s'emberlificotent dans les mailles de son chandail. La chienne aboie pour rappeler son maître à l'ordre tandis que qu'à côté du barbecue, l'olivier nain se dresse fièrement.
Violaine a dressé l'inventaire de leur histoire : quelle pagaille !
08:00 Publié dans Chaque jour qui passe | Commentaires (0) | LUNE | Lien permanent | Envoyer cette note
02 janvier 2012
Petite, toute petite
Je le sais depuis longtemps, je mesure 161,5 centimètres précisément. Et j'y tiens, croyez-moi !
Oui et alors ?
Ben rien cela me convient, nous ne sommes pas grands dans la famille. Papa est un homme de taille moyenne qui chausse du trente-neuf. C'est drôle de le voir déambuler sur la terrasse en été dans ses espadrilles orange, on dirait qu'il les a piquées à maman. Il est fier de dire que maman chausse du quarante et que ce sont SES espadrilles, qu'il possède les mêmes en mauve !
Ne dit-on pas que tout ce qui est petit est mignon ?
Quoique j'admire ces femmes athlètes lorsqu'elle courent sur les pistes, leurs jambes si longues... Quelques enjambées et hop elles atteignent la ligne d'arrivée sans soucis. Elles sont félines, c'est magnifique ! Qui oserait les comparer à des perches ou des échalas disgracieux ? Je n'aime pas les gambettes d'Adriana Karembeu mais c'est juste une question de goût.
Je ne me souviens pas non plus de moqueries quelconques du style : ah t'es riquiqui, t'as besoin d'un escabeau pour te regarder dans le miroir. Ton père aurait dû te mettre deux ou trois coups de pieds aux fesses ; t'aurais gagné des centimètres. T'es la cousine éloignée d'un lilliputien ? Bande d'idiots ! N'exagérons rien, il y a bien plus petit que moi ! C'est cruel et inutile !
Mais cet après-midi, j'ai frissonné. J'étais au téléphone avec mon amoureux. Nous parlions de tout et de rien et ma mémoire a soudain surpris des images de ma grand-mère paternelle.
J'ai oublié de vous dire que je vis dans sa maison depuis vingt-deux ans.
Lorsque j'étais gamine, je lui rendais visite chaque semaine. A mon arrivée, dans la voiture de papa, je la voyais souvent accoudée à l'appui de fenêtre au premier étage de la maison...elle observait les passants durant des heures. Elle semblait toute petite.
Et donc cet après-midi au téléphone avec mon amoureux ; je me suis vue dans la même position, à cette même fenêtre. J'observe souvent les passants et... j'ai frissonné !
Mince ! J'ai rapetissé. Si si c'est vrai, le médecin m'a mesurée la semaine dernière lors d'un examen de routine et me l'a confirmé :
159 centimètres ! Impossible ! Il paraît que l'on s'affaisse avec le temps ! Le poids des années diront les pessimistes. Non, c'est la vie ! Vous n'imaginez pas : ma grand-mère a perdu vingt centimètres en vieillissant !
Au secours, je deviens petite, toute petite et JE VIEILLIS ! Quelle horreur !
Vous êtes-vous mesuré ?
10:00 Publié dans Chaque jour qui passe | Commentaires (0) | LUNE | Lien permanent | Envoyer cette note




